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TS : Cours de la semaine 5

Mis en évidence de deux molécules différentes à partir d’une expérience de Bordet.

Article mis en ligne le 1er octobre 2013
dernière modification le 7 novembre 2013

par Jean-Louis
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Texte de l’exercice :

PDF - 30.3 ko

En 1895 Jules Bordet constate qu’un sérum anticholérique ajouté à des bactéries provoque une action lytique. (Expérience ①)

Expérience ② : Si on chauffe le sérum à 57°C (et qu’on le laisse refroidir) , ça ne marche plus donc…

Expérience ③ : Si on ajoute à l’expérience ② le sérum de n’importe quel animal (donc, non vacciné, éventuellement d’une espèce différente), cela remarche.

Ce qu’il faut avoir construit comme compétence à partir de cet exercice :

À partir du cours (et des savoirs communs) il est logique de supposer que la destruction des bactéries du Choléra est due à l’action des anticorps spécifique.

L’expérience 2 incite à supposer que les anticorps (qui sont des protéines) sont dénaturés par la chaleur et perdent donc leur pouvoir lytique.

L’expérience 3 vient contredire la conclusion de l’expérience 2. Les Ac n’ont pa été détruits. Il faut alors supposer qu’une seconde molécule, différente des Ac est elle aussi nécessaire pour la lyse des bactéries du Choléra. C’est cette molécule, qui s’appelle le Complément, qui est détruite par la chaleur.

On notera que cette molécule est semblable quelle que soit l’espèce et agit avec n’importe quel Ac. Elle fait donc partie de l’immunité innée.

Le texte suivant est vraiment important car il implique la nécessité de « retours en arrière » dans la résolution des problèmes.

On connaît contre une connaissance antérieure

On a dit souvent qu’une hypothèse scientifique qui ne peut se heurter à aucune contradiction n’est pas loin d’être une hypothèse inutile. De même, une expérience qui ne rectifie aucune erreur, qui est platement vraie, sans débat, à quoi sert-elle ? Une expérience scientifique est alors une expérience qui contredit l’expérience commune. D’ailleurs, l’expérience immédiate et usuelle garde toujours une sorte de caractère tautologique , elle se développe dans le règne des mots et des définitions ; elle manque précisément de cette perspective d’erreurs rectifiées qui caractérise, à notre avis, la pensée scientifique. [...]

En revenant sur un passé d’erreurs, on trouve la vérité en un véritable repentir intellectuel. En fait, on connaît contre une connaissance antérieure, en détruisant des connaissances mal faites, en surmontant ce qui, dans l’esprit même, fait obstacle à la spiritualisation.

BACHELARD
La Formation de l’esprit scientifique,
Discours préliminaire & début du Chap. I, §. I, éd. Vrin, pp. 10-14

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